Pourquoi pédaler l'hiver

Pourquoi pédaler l'hiver

Comme vous, nous profitons des derniers moments de bonheur sur la route avant que la neige ne vienne la recouvrir pendant d’interminables mois d’hiver.

Ensuite, comme d’habitude, nous embarquerons sur les rouleaux. Pas parce que c’est notre activité favorite (quoique nous ne détestons pas ça du tout), mais parce que c’est encore ce qu’il y a de plus efficace pour conserver nos acquis.

Les limites du cross-training

Chaque année, plusieurs cyclistes troquent le vélo contre la course ou le ski de fond, convaincus que le cardio, c’est du cardio.

La science est plus nuancée : notre moteur se transfère d’un sport à l’autre, mais pas entièrement notre capacité à l’utiliser sur le vélo.

Pour l’expliquer, la recherche en physiologie distingue deux composantes de l’endurance.

La première est centrale : le cœur, le débit sanguin, le volume de sang. Elle s’améliore avec presque toutes les activités aérobies.

La seconde est périphérique : les mitochondries, les capillaires et la capacité oxydative des muscles précisément sollicités. Celle-là reste fidèle au geste pratiqué.

Autrement dit, un hiver passé loin de la selle préserve le moteur, mais laisse s’éroder la spécificité qui nous permet de maintenir et d’améliorer nos performances sur la route.

Le chercheur Guy Thibault explique ça de manière très claire : plus notre forme est bonne et notre VO2max élevé, plus la spécificité de l’exercice est importante pour continuer à progresser.

Si nous nous éloignons trop de notre sport de prédilection, notre performance s’émousse.

Il note aussi que le temps que nous consacrons à une autre activité est du temps que nous ne passons pas à entraîner les composantes neuromusculaires propres au cyclisme. « Et à VO2max égal, quelqu’un qui a une meilleure qualité de pédalage l’emporte haut la main. »

Une qualité qui s’entraîne en passant du temps sur le vélo.

C’est là que le vélo intérieur prend tout son sens.

Deux ou trois séances par semaine sur une base d’entraînement maintiennent les adaptations propres au pédalage : recrutement musculaire, efficacité du coup de pédale, endurance des quadriceps et des fessiers dans la position que nous occuperons en avril.

Rien ne nous empêche de varier les plaisirs avec le ski ou la course, qui entretiennent le moteur. Et puis, si ces activités nous permettent d’aller jouer dehors et de nous aérer le cerveau, c’est loin d’être perdu.

Mais pour garder des jambes de cycliste, il faut continuer à pédaler.

L’hiver ne se résume pas qu’à attendre la belle saison, mais à la préparer.

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