Petit guide des capteurs de puissance

Petit guide des capteurs de puissance

Tant pour mesurer avec précision l’effort fourni lors d’intervalles courts que pour jauger le coût énergétique d’une sortie longue, d’une compétition ou d’un événement exigeant, le capteur de puissance est un précieux outil.

Son calcul de l’énergie déployée, en watts, est une mesure objective, qui ne tient pas compte de vos fréquences cardiaques ou de vos sensations. À moins d’être mal calibré ou piètrement conçu, il ne ment pas : 200 watts, c’est 200 watts.

Mais tous les capteurs de puissance ne sont pas égaux. Certains jouissent d’une plus grande précision. D’autres possèdent une seule ou plusieurs sources pour la prise de données. Enfin, selon l’endroit où l’échantillonnage se produit (à la pédale, au pédalier, au moyeu, etc.), il peut y avoir une disparité dans les résultats en raison de la perte de puissance qui résulte de la friction des pièces entre la source (votre pied) et le point de mesure.

Comment fonctionne un capteur de puissance

Pour mesurer la force déployée par un cycliste, les capteurs de puissance fonctionnent de la même manière, employant un mécanisme analogue, à divers endroits dans une chaîne de production de puissance qui débute dans vos jambes et se termine sur le point de contact entre le pneu et la surface sur laquelle vous roulez.

Il en existe plusieurs types, qui colligent leurs données à partir des pédales, des manivelles, de l’axe du pédalier, des plateaux ou du moyeu de la roue arrière.

À l’intérieur de ces pièces, la puissance mécanique est mesurée à l’aide de jauges de contraintes qui se déforment selon la force appliquée. Le calcul est ensuite effectué par une formule assez simple, soit en multipliant ce couple de force, en newtons mètres (ou N.m), par la vitesse angulaire, ou la cadence, si vous préférez.

Puissance (en watts) = N.m x vitesse angulaire

Ces données sont ensuite transmises, sans fil, par des systèmes ANT+ ou Bluetooth, à un outil électronique qui livre les résultats en temps réel. Ce peut être votre petit ordinateur GPS Garmin, Wahoo, Polar ou autre. Votre téléphone, une tablette ou un ordinateur.

Les marges d’erreur

Tous les capteurs de puissance ne sont pas égaux. D’abord, l’exactitude de la mesure n’est pas toujours aussi juste d’une compagnie à l’autre. Certaines compagnies offrent aussi des produits à bas prix… qui ne valent pas cher. Mais le coût n’est pas nécessairement garant de la meilleure qualité non plus. Il vaut donc mieux faire le tour des forums et, mieux encore, vous informer auprès de notre équipe avant de vous en procurer un.

Nous les connaissons bien : nous les avons à peu près tous testés et comparés.

La plupart ont une légère marge d’erreur, entre 1 et 2 %. Cela dit, l’important est de toujours utiliser le même capteur afin d’obtenir des résultats constants, parce que mesurés dans les mêmes conditions, selon le même étalon. Car au-delà de la marge d’erreur, il existe aussi, selon les types d’appareils, des disparités dans les résultats en raison de l’endroit où la mesure est prise. Par exemple? Entre une pédale et un axe de pédalier, la perte peut varier selon la flexion du bras de pédalier.

Une chaîne dûment nettoyée et lubrifiée provoque une perte de puissance d’environ 3 %. Mais une même chaîne sale peut provoquer jusqu’à 10 % de watts évanouis dans la nature. Ou plutôt consommés par la saleté, puisque la friction supplémentaire a pour effet de réduire l’efficacité du mécanisme de transmission.

Morale de l’histoire : si vous avez un capteur de puissance au moyeu arrière, assurez-vous de garder votre chaîne bien propre.

Autre chose : certains capteurs de puissance sont sensibles à la température. Vérifiez si c’est le cas. Il faudra alors recalibrer avant des sorties plus chaudes ou plus froides qu’à l’habitude.

Les types de capteurs

Dans les manivelles

Parmi les capteurs de puissance, ceux qui se résument au bras de pédalier unique (généralement celui de gauche) sont parmi les plus répandus, parce que parmi les plus économiques. Pour donner un résultat complet, le système multiplie par deux la force que vous appliquez (après les quelques watts perdus dans la torsion de l’axe de la pédale). Si bien que si votre jambe droite est 2 % plus forte, vous poussez sans doute plus fort que vous ne le croyez (une disparité 48 %-52 % est fréquente). Toutefois, comme il s’agit d’un étalon de mesure constant, à moins que votre résultat absolu en watts par kilo vous soit essentiel, cette estimation de votre puissance totale peut très bien faire l’affaire.

Sinon, il existe de plus en plus de versions à deux manivelles qui permettent de faire des calculs plus précis, mais aussi de corriger la qualité de votre pédalage selon les types de logiciels d’analyse employés.

Dans l’axe du pédalier

Une fois installés, ces capteurs de puissance nécessitent peu d’entretien, sont fiables, et permettent de mesurer l’ensemble du mouvement et des forces appliquées à gauche comme à droite. Ils sont cependant moins courants, généralement coûteux, et ne sont pas compatibles avec tous les cadres.

Dans les pédales

Très pratiques, les pédales peuvent facilement être utilisées sur plusieurs vélos puisqu’on en change sans effort. Elles sont toutefois plus susceptibles de se briser en cas de chute ou d’impact, et, selon les marques, leur mesure n’est pas toujours aussi fiable que celle des autres types de capteurs.

Dans le moyeu arrière

Si vous utilisez les roues que nous louons au Cartel, vous connaissez ce genre de capteur. C’est l’un des systèmes les plus anciens et les plus fiables sur le marché en raison de la simplicité de son mécanisme. Ne vous étonnez pas, toutefois, si vous observez une différence notable entre les chiffres obtenus avec ce produit et un des autres systèmes puisque, tel qu’expliqué plus haut dans le texte, il y a une perte de puissance entre la force appliquée et celle qui subsiste après avoir été altérée par les différents points de friction du système d’entraînement (plateaux, chaîne, pignons).

Fait important à noter : comme ces moyeux sont souvent plus lourds que d’autres systèmes et ne permettent pas une utilisation constante si on change de roues, ils sont donc en voie de disparition.

Dans les plateaux (spiders)

Comptant parmi les systèmes les plus prisés des professionnels, ils sont la plupart du temps très précis, mais ne mesurent qu’un côté (le droit, à moins d’être couplés à un capteur dans la manivelle gauche). Leur entretien est parfois complexe (cela varie d’une marque à l’autre) et ils ne peuvent pas être employés sur différents vélos.

Choisir selon vos besoins

Encore indécis? Écrivez-nous ou demandez conseil à notre personnel. Peut-être avez-vous seulement besoin d’un capteur pour de l’entraînement en salle. Ou alors vous voyagez beaucoup et souhaitez louer des vélos tout en continuant de mesurer vos performances. Nous pourrons comparer les coûts, les avantages et l’efficacité des différents modèles avec vous.