Dans la famille du Cartel : Justine Martel

Dans la famille du Cartel : Justine Martel

Son sourire illumine le Cartel. Son enthousiasme contamine son entourage.

Vous ne trouverez personne de plus motivé que Justine; la progression de sa forme sur le vélo comme son désir de partager son plaisir de rouler portent leurs fruits.

À la tête du Collectif Vélo Cartel, qui a pour objectif la promotion du cyclisme chez les femmes, Justine transmet sa passion pour la petite reine avec une efficacité redoutable, en plus d’avoir à l’œil tout ce qui relève du design dans la boutique. Y compris les vêtements, oui. Mais c’est à la lumière qu’elle porte une attention toute particulière.

Lieu et date de naissance

Québec, 12 octobre 1998

Travaille au Cartel depuis…

2018. J’ai commencé à cause de mon copain (Kevin), qui est cofondateur. Mais il me demandait déjà conseil avant l’ouverture et je trouvais ça passionnant d’en discuter avec lui. C’est tellement un beau projet!

Avant, j’ai travaillé dans une autre boutique de vélo pendant deux ans.

Pour toi, le Cartel, c’est…

La place pour rencontrer des gens qui font du vélo, pour s’entraîner, pour chiller, étudier ou pour se donner rendez-vous pour une sortie à l’extérieur. Des fois je viens ici même si je ne travaille pas ou que je ne m’entraîne pas.

C’est devenu pour toi une sorte de club social?

Oui, vraiment. Des fois je finis le travail ou un entraînement et je flâne ici avec d’autres de la gang avant qu’on décide où on ira souper ou passer la soirée.

Ton principal trait de caractère, c’est quoi?

Je suis vraiment perfectionniste, j’ai de la misère à ce que les choses soient faites à moitié.

Qu’est-ce que tu penses que tu apportes au Cartel?

J’aime le service client. Je pense que j’incarne un visage plus convivial du Cartel, parce que je suis consciente que pour certaines personnes, c’est un peu intimidant d’entrer ici. Comme je suis une fille, aussi, et que parfois les femmes se sentent exclues dans ce domaine, je me fais un devoir de m’assurer qu’elles se sentent à leur place. Parce qu’elles le sont! C’est pour tout le monde ici.

Justement, tu es très impliquée dans le cyclisme féminin. Pourquoi c’est important pour toi?

Pour que les filles ne vivent pas ce que j’ai vécu : se sentir intimidée dans un groupe de gars parce que ça roule trop vite, avoir le sentiment de ne pas être à ta place, d’être un boulet pour le groupe. Et finalement tu risques de ne pas aimer ça...

Moi, j’ai continué, je me suis améliorée, et je suis capable de suivre les gars. Je ne suis pas gênée d’être là, avec eux.

Ici, on offre un groupe où les filles sont ensemble, peuvent s’entraîner de manière à ce que ce soit moins intimidant, puis ça devient un groupe d’amies. Je veux que les filles sentent qu’elles s’accomplissent pour elles-mêmes, et que ça leur ouvre la porte à participer à d’autres activités desquelles elles se sentaient exclues avant.

Qu’est-ce que tu aimes le plus ici, au Cartel?

J’ai l’impression que c’est chez nous, vraiment. Que je suis tout le temps avec mes amis ici. Et une des choses que je préfère du lieu, c’est la lumière. L’après-midi, quand elle entre par la porte de garage, c’est vraiment magnifique.

À part travailler au Cartel, tu fais quoi?

J’étudie en architecture à l’Université Laval.

Sommet Col du Galibier

Pour toi, le vélo, c’est…

Une occasion de voir mes amis, de me dépasser. Mais ce que j’aime aussi du vélo, c’est qu’avec le même véhicule, tu peux faire plusieurs choses, selon tes envies et ton humeur : tu peux t’entraîner fort, te promener, aller prendre un café relax.

Quel est, crois-tu, le moment où tu es tombée en amour avec le vélo?

J’ai commencé à faire du vélo avec mes parents, qui en faisaient eux aussi. Mais le moment où j’ai compris que j’aimais vraiment ça, c’est lors des sorties avec la gang de la boutique où je travaillais avant. On faisait des sorties de fin de journée à Val-Bélair, la lumière était magnifique, y avait pas un son. On montait Jean-Gauvin, avec les champs de chaque côté, et c’était juste parfait.

Quel est ton plus beau souvenir cycliste?

Je suis partie en cyclotourisme avec Kevin au Costa Rica, et finalement, c’est devenu complètement autre chose que ce qui était prévu. On avait réservé des chambres pour notre parcours, mais on n’a pas du tout fait ce qui était planifié. C’était la première fois que je voyageais à vélo. Et j’ai trouvé ça très dur. Kevin a dû trimbaler mes bagages, il faisait une chaleur épouvantable. Sur le coup, j’ai trouvé ça très difficile, mais avec le recul, je constate que ç’a vraiment été un moment marquant pour moi, super important.

Ton trip de rêve?

L’Italie.

Es-tu plus CP5 ou CP20?

CP20.

Col de la Croix de Fry

À part rouler, quelles sont tes passions?

Le design, j’adore ça. Ça me fait du bien, j’aime remarquer comment la lumière fait ressortir les motifs d’un objet ou d’un lieu. Ses textures. Il y a quelque chose de merveilleux dans les petits détails qui donnent tout leur caractère à un agencement de choses, de formes, et dans le fait que sans eux, la valeur et le sens de l’ensemble ne seraient pas du tout les mêmes. L’idée que quelqu’un ait pu penser à ça, ça me fait capoter.

Quelle est la plus belle invention liée au cyclisme, selon toi?

Bon, là ça va avoir l’air d’un cliché épouvantable, parce que je suis une fille. Mais c’est les vêtements cyclistes, leur évolution, les matières, les coupes… J’aime où ça s’en va, vers des designs plus minimalistes où les logos et les commanditaires se font plus discrets.

Qu’est-ce qui te fait peur à vélo?

Les descentes. Je sais que c’est poche, et que pour plusieurs cyclistes, les descentes sont les moments les plus agréables, mais je trouve ça épeurant.

De quelle habitude voudrais-tu te débarrasser?

Finir les phrases des gens. Je fais tout le temps ça, je suis vraiment gossante. Faut que je règle ça en 2020 (rires).

EN RAFALE

Ton plat favori?

Les rouleaux de printemps.

Ton type de café favori?

J’aime les cappuccinos et les V60. Pour l’espresso, j’aime le Heritage de Pilot, qui est très classique. Pour les filtres, j’aime les trucs vraiment funky, aventureux.

À Kevin et Bruno, j’avais demandé quelle était leur chanson préférée. Mais toi, j’aimerais que tu me dises quelle est la chanson que tu trouves la plus belle, et celle sur laquelle tu aimes t’entraîner.

Pour m’entraîner This Ain’t Techno de Tom Staar. La plus belle, c’est Experience de Ludovico Einaudi.

Ton livre préféré?

L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón.

Ton film préféré?

Tous ceux de Wes Anderson. The Royal Tenenbaums, par exemple.